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PRÉSENTATION D'AIVITER
En Italie, on appelle conventionnellement les "années de plomb" les
années comprises entre 1969 et le milieu des années quatre-vingt.
Certaines sources font état de 450 morts, de 4529 blessés ou invalides
et de plus de 12700 actes de terrorismes internes de différentes
matrices politiques. Avec le temps, le souvenir de cette période
difficile s'est étiolé, jusqu'à disparaître pratiquement chez les
dernières générations. Non seulement, mais une gêne et une
méconnaissance se sont parfois manifestées envers les disparus et les
blessés dont une bonne partie était des serviteurs de l'État qui n'ont
pas failli à leur devoir et ont assuré ainsi la sauvegarde des
institutions, la mobilisation de l'opinion publique et la défaite des
complots éversifs.
C'est également pour ces raisons que les blessés, les
invalides, les témoins objectifs et certains de faits historiques,
protagonistes malgré eux d'épisodes sanglants, ne peuvent pas être
facilement oubliés, comme ne le peuvent pas non plus tant de faits
divers qui, dans leur ensemble, appartiennent désormais à l'histoire
sociale de la fin du siècle dernier.
C'est dans le but de défendre les victimes,
d'entretenir le souvenir des disparus et d'étudier le phénomène du
terrorisme qu'est née en 1985 l'Association italienne des victimes du
terrorisme et de l'éversion contre l'ordre constitutionnel de l'État (AIVITER),
sur l'initiative de ses membres fondateurs Maurizio Puddu, Giovanni
Berardi, Adele Andreis veuve Casalegno, Antonio Cocozzello, Severa
Marone veuve Croce, Leone Ferrero, Mario Deorsola, Dante Notaristefano,
Sergio Palmieri et Giovanni Picco.
Cette association est à but non lucratif et ne
souhaite pas s'ajouter à d'autres associations de type syndical existant
en Italie. En effet, elle se propose de "jouer un rôle de
sensibilisation et de coopération visant à promouvoir des moments de
reconnaissance et de défense qui puissent garantir les droits, les
exigences et les attentes des victimes ou des parents qui ont survécu".
L'association œuvre pour que les victimes bénéficient du statut de "Victimes
du terrorisme". Jusqu'ici, elle a réussi à faire approuver une première
loi, la loi n° 302 du 20 octobre 1990, puis la loi n° 206 du 3 août 2004
qui instaurent des règles en faveur des victimes du terrorisme.
Une autre finalité institutionnelle est la
conservation du souvenir des faits qui contient des valeurs qui
appartiennent à toute la communauté. Dans le but de ne pas permettre la
dispersion de la mémoire historique des événements, AIVITER a promu, au
fil des années, des initiatives d'approfondissement et de commémoration.
Des enseignants universitaires, des magistrats, des représentants des
institutions et des intellectuels y ont participé en apportant une
précieuse contribution d'idées et de consensus, en intervenant dans les
débats organisés par l'association. Des recherches ont été publiées, des
expositions pédagogiques ont été organisées et un site Internet a été
créé : wwwvittimeterrorismo.it.
Enfin après l'institution par le parlement européen
en 2004 de la Journée européenne des victimes du terrorisme, AIVITER a
tissé des liens avec des institutions internationales (UE, OSCE, UNICRI)
et avec des associations de victimes du terrorisme d'autres pays
européens, créant ainsi un réseau de collaboration solide et profitable.
Parmi les dernières réalisations, signalons :
• l'exposition itinérante "Anni di piombo. La voce delle vittime per non
dimenticare" (Années de plomb. La voix des victimes pour ne pas oublier)
inaugurée en 2008 ;
• réalisation du film documentaire sur DVD et de l'hypertexte multimédia
sur CDROM intitulés "VITTIME" (Victimes) en collaboration avec le
ministère des biens culturels - Dir. Gén. Cinema et la
Rai-Radiotelevisione italiana, présentés le 9 mai 2010 au Président de
la République Italienne.
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